EXTRAIT LIVRE : Le livre secret de Jeshua - Tome 2 (n'est pas encore sorti en France)

Publié le par La porte est en dedans

LA WALYA

"Depuis mon retour de Jérusalem, je percevais une sorte de sablier en moi qui décomptait les semaines et les mois et m’incitait à me déverser avec davantage d’intensité dans les coeurs de celles et ceux qui m’étaient les plus proches.
Toutes et tous avaient fort bien compris depuis longtemps qu’il y existait plusieurs niveaux de connaissance et de sagesse à capter au creux de la Parole que j’offrais.
Derrière le Révélé que le peuple des campagnes et celui des bords du lac pouvait comprendre, il y avait cependant pas que l’Enfoui, destiné à mes disciples les plus immédiats.
Cependant, il existait pour le moins un troisième degré d’approche du Mystère de la Vie que je m’efforçais de distiller. Celui-là pouvait se percevoir dans le choix toujours très précis des mots que le Souffle projetait en avant de moi et aussi dans les instants de silence qui s’imposaient d’eux-mêmes entre eux.
Ce troisième degré d’enseignement demandait de laisser poindre en soi ce que j’appelais alors la Walya, ce merveilleux bourgeon de la Conscience qui préfigure le devenir de l’Humain.
Je me souviens avoir parlé à tous de la Walya comme d’un sens qui transcendait tous les autres. Un sens qui croissait non pas "dans" mais "au-dessus" de tout être dont l’âme commence à devenir enfin adulte. Les Grecs lui donnaient un autre nom ; ils l’appelaient noũs (1).
– « Certains racontent que tu es allé en Grèce au retour de ton
si long voyage et que les sages de là-bas t’ont aussi enseigné, me demanda Simon, le fils du potier, lorsque j’eus évoqué avec précision l’existence de sa réalité et la nécessité de le développer pour avancer vers notre propre Essence. Est-ce vrai, Maître ? » ajouta-t-il.
Simon faisait partie de ce noyau de disciples qui voulaient, tout comme Jean ou Taddée, aller toujours plus loin. Il était aussi de ceux qui, issus du peuple d’Essania, s’appliquaient par fierté à ne jamais quitter la robe blanche des thérapeutes en dépit de la méfiance qu’elle générait parfois. J’aimais cela, bien que ce fût un peu provocateur.
– « Non, ce n’est pas exact, Simon… Certains le croient parce qu’avant mon retour parmi vous sur les rives de ce lac, j’ai côtoyé durant une année quelques-uns de leurs enseignants en provenance d’Alexandrie. Leur sagesse était grande ; elle parlait de secrets qui m’étaient connus mais qui portaient simplement d’autres noms.
Ainsi, sachez-le tous, voilà pourquoi l’atteinte du portail de la Walya est ce qu’il vous faut appeler du plus profond de vous… car la Walya permet de dépasser la confusion semée par les mots, ainsi que les incompréhensions qui surgissent avec l’incapacité des hommes à pénétrer leur coeur pour découvrir la vision qu’ils portent. »
– « Tu veux dire que les mots nous trahissent et que seule la Walya nous dévoile leur âme véritable ? »
– « Je veux dire, Simon, que la Walya unit la puissance du Coeur et les sommets de la compréhension du Mental. Elle engendre un sens de pénétration des vérités qui est semblable à un code qu’il faut soi-même apprendre à déchiffrer. »
Judas, qui était adossé à un arbre non loin de nous, a alors voulu se joindre à la conversation.
– « Mais, Rabbi… peux-tu nous dire, toi, comment apprendre
à décoder les secrets de ce code ? »
– « Et que crois-tu que je ne cesse de vous enseigner, mon frère ? Voilà quatre années que je suis parmi vous, que je partage tout avec vous et que, patiemment, j’égrène une à une toutes les perles qui font le collier de ce que tu parais encore chercher. »
– « Mais… je veux seulement apprendre ! »
– « Alors arrête de jouer… Car tu vaux mieux que cela. Apprendre n’est pas prendre. Fais taire ta tête et n’observe plus les battements de ce que tu crois être ton coeur. Aime, aime et aime encore… et ne cherche plus rien à contrôler ni même à éplucher tout ce qui passe dans l’espoir de comprendre ce qui est juste à vivre ! »
© Daniel Meurois

(1) Le concept de noũs a été mis en évidence en Grèce par Anaxagore de Clazomène.
Il correspond globalement à ce que l’on nomme aujourd’hui le Supramental et qui s’exprime par un huitième chakra nommé Tekla. (Voir "La Méthode du Maître", du même auteur, chapitre VIII).

 

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